Tout est question de contexte: dans le cas du blanchissement mortel des coraux, le contact avec un congénère sain permet la guérison. La journaliste scientifique Mathilde Fontez leur a consacré sa chronique «Tout va bien dans ce monde» du 19 octobre sur France Inter.
Mathilde Fontez rappelle les tenants et les aboutissants de la pandémie qui affecte les coraux: «lorsqu’ils sont fragilisés par la hausse des températures, ils expulsent les algues photosynthétiques qui vivent dans leurs tissus. Or ce sont ces algues qui leur fournissent la majeure partie de leurs nutriments: ils meurent de faim…» «40% des coraux sont [ainsi] menacés d’extinction à cause des canicules» et, avec eux, un quart des espèces marines, auxquelles ils servent d’habitat.
Elle rapporte «une expérience menée à la station marine Hopkins de Pacific Grove, en Californie» par l’équipe du biologiste Stephen Palumbi, et publiée dans Science Advance. Cette étude «démontre que les coraux blanchis peuvent reprendre vie, simplement en touchant un corail sain». Les chercheurs «ont préparé des paires de fragments de corail sains et blanchis, et ont multiplié les tests»: les coraux malades seulement proches de coraux sains sans les toucher «sont morts après 20 semaines; les coraux blanchis qui touchaient un corail sain ont repris vie en seulement 8 semaines».
Bien entendu, il ne s’agit pas là de perception tactile, mais de contact matériel. «Il était connu que les coraux blanchis peuvent reprendre vie en réabsorbant les algues qui sont en suspension dans l’eau. Mais là, avec un contact, c’est beaucoup plus efficace, 10 fois plus rapide d’après les mesures des chercheurs». «Les observations au microscope haute résolution ont dévoilé les détails du phénomène: au niveau de la jonction entre les deux fragments, il se crée un pont tissulaire qui permet le retour du compagnon vital du corail: l’algue symbiotique. […] Le pont cellulaire réinjecte la population de symbiote. Il se crée tout un réseau algal qui se déploie, tant que le contact est maintenu». L’enjeu est désormais d’élaborer un protocole de soin à grande échelle.
.
Nous ajouterons que si la journaliste parle de «miracle» et de «magie», c’est sans doute parce que nous gardons en mémoire les récits de guérison par imposition des mains d’un dignitaire politique ou religieux, tels les rois de France qui espéraient soigner ainsi les écrouelles ou scrofules, lésions d’origine tuberculeuse ou syphilitique «ayant tendance à produire des fistules» (Le Grand Robert).

Écouter et lire la chronique sur France Inter.

Consulter également sur notre site
Comment nos mains ont longtemps été moins propres que nos pieds,
Tout sur la solution hydroalcoolique SHA
et Des caresses qui soignent.