Depuis septembre 2024, l’équipe de Christian Clot a rendu itinérante la «chambre climatique», conçue pour étudier l’adaptation du corps humain aux conditions extrêmes. Elle sensibilise ainsi le grand public, mais surtout les responsables politiques et économiques. …

En 2026, la France a connu deux vagues de chaleur avec des pointes à 40°C aux mois de mai et de juin. Rappelons qu’étymologiquement, la canicule était associée à la période allant du 24 juillet au 24 août, celle où l’étoile Sirius, autrefois appelée Canicule, se lève et se couche en même temps que le soleil. Or les climatologues prévoient que de tels épisodes vont devenir encore plus fréquents, plus précoces et plus intenses, jusqu’à 50°C.
Deux reportages décrivent le dispositif Climate Sense qui attire l’attention sur l’impact tactile, kinesthésique et cognitif du dérèglement climatique. Le premier, audio, a été proposé par France Inter lors du lancement de l’opération à Verdun (Meuse) en septembre 2024. Le second, vidéo, sur France3, couvre son étape à Saint-Lô (Manche) en juin 2026.
Expérimentation sensorielle et cognitive
Après avoir signé une décharge, il s’agit de tester dans quel état on arrivera, ou pas, au bout d’un programme de 30 minutes d’activités ordinaires dans un environnement à 50°C:
–10 minutes de marche sur tapis à allure modérée rendent le souffle court et la sueur abondante;
–10 minutes de jeux d’adresse attestent des mains tremblantes et une concentration approximative;
–10 minutes à résoudre des problèmes simples prouvent des difficultés de lecture et de calcul.
«“L’impact cognitif, on en parle peu. Par exemple, on perd notre capacité de concentration donc on aurait plus d’accidents de la route. Et même nos fonctions sociales… Ça devient plus compliqué de communiquer et de s’entraider”», commente Eva Macaigne, responsable du projet, au micro de France3.
«“Maintenant, […] comment on fait en sorte que ça arrive le moins possible?”»
À leur sortie, «les visiteurs sont invités à regarder une vidéo et une exposition. Ils peuvent y piocher des actions à réaliser pour limiter son empreinte carbone ou sa pollution», indique France Inter. Eva Macaigne développe: «“on a des propositions très concrètes pour les pouvoirs publics, les entreprises mais aussi pour les citoyens. Et les gens choisissent des actions qu’ils ont envie de mettre en place”».
Le camion Climate Sense circule dans les grandes entreprises, les salons professionnels, les assemblées d’élus et les collectivités territoriales. Sa responsable précise: «“on a besoin effectivement d’avoir des élus qui vivent cette réalité concrète pour en prendre réellement la mesure. Vous avez beau avoir les chiffres sur un rapport, pouvoir faire ce pas dans le futur, c’est fondamental”».
«“Rien ne remplace le ressenti”, martèle-t-elle». «“Nos recherches sur le cerveau montrent que la décision de changement d’une personne ne viendra que par une expérience sensorielle vécue”», affirmait déjà Christian Clot sur France Inter. «Connu pour ses expéditions scientifiques, notamment dans les régions au climat extrême», cet explorateur franco-suisse «est devenu spécialiste de l’adaptation du corps humain». Il a fondé l’Human Adaptation Institute et, «pour déclencher chez tout un chacun une envie d’agir, il a eu l’idée [du] projet» Climate Sense.
Écouter le reportage de France Inter.
Regarder le reportage de France3.
Lire aussi climatesense.fr.
Photographie d’illustration: un-perfekt pour Pixabay.com
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