La plasticienne Prune Nourry, 36 ans, poursuit son travail autour du corps. «Projet Phénix», du 4 septembre au 23 octobre 2021: galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, Paris 3e (métro 11, station Rambuteau), du mardi au samedi, 10h-19h, accès libre.

 

Composition artistique par technique de stop motion: sur un fond de ciel étoilé de montagne, des prises successives d'images accolées forment une composition abstraite rendue  possible par le mouvement d'un bâton enflammé  dans l'air. L'effet est un tourbillon de feu, qui semble voler dans ce ciel.

 

Prune Nourry «a invité huit personnes déficientes visuelles à venir poser dans son atelier ; travaillant les yeux bandés, sans jamais voir ni avoir vu ses modèles, elle a réalisé leurs bustes, simplement par le toucher, en conversant avec eux pendant les séances de pose.»
Elle explique ainsi le titre de son exposition à Laurent Boudier, pour Télérama: «Ce sont des aveugles qui ont sublimé leur handicap. […] J’ai modelé les bustes à l’argile, les ai moulés et les ai cuits selon la technique ancestrale japonaise dite du raku, qui consiste à plonger la sculpture brûlante dans la cendre dès la sortie du four. Tel un phénix surgissant de ses cendres, chaque portrait contient ainsi la métaphore d’une renaissance.» «l’artiste a décidé que les visiteurs seront, eux aussi, plongés dans le noir et ne pourront découvrir ses sculptures qu’en les palpant.»

 

Photographie d’illustration: Théo Bertrand, don de l’artiste.