Ce jeudi 18 juin de 14h à 16h30, plus de 80 personnes ont participé au visioséminaire (ou webinaire) intitulé «Réflexion autour de l’accessibilité des dispositifs tactiles en situation Covid». Il était organisé par l’École de Design Nantes Atlantique et animé par Florent Orsoni, Directeur du City Design Lab, sous le patronage de Thierry Jopeck, chargé du handicap et de l’inclusion au ministère de la Culture. Il s’agissait du premier tour de table de la réponse française à l’initiative lancée par l’Institute for Human Centered Design de Boston et sa directrice Valerie Fletcher. L’Association pour la FONdation du Toucher, représentée par plusieurs de ses membres, se joint naturellement à cette démarche.
Comme l’indiquait le programme, «au-delà de la problématique des personnes en situation de handicap visuel, le toucher structure notre perception de l’espace, parfois même d’une œuvre. De même, l’accès aux différents outils de médiation (audioguides, écrans) se retrouve très fortement impacté» par la crise sanitaire. Le consensus s’est rapidement fait sur l’idée que les visites numériques ne peuvent être qu’un complément, et en aucun cas une alternative aux parcours physiques dans les lieux culturels. De même, concernant les personnes déficientes visuelles, l’audiodescription des œuvres apporte des compléments d’information, mais l’expérience esthétique réside dans le contact physique avec les œuvres, leurs reproductions ou, pour le spectacle vivant, avec l’espace et les accessoires scénographiques.
Il a donc été convenu de lancer un appel au permis de toucher et de lister les nouvelles pratiques répondant positivement aux exigences sanitaires. Par exemple, il est facile et peu onéreux d’associer l’usage systématique du gel hydroalcoolique à des signatures olfactives en rapport avec les thématiques d’exposition. Ou encore, d’intégrer aux revêtements du mobilier des nanoparticules désinfectantes. Il faudrait enfin que soit diligentée une étude sur l’efficacité des «gants liquides», qui déposent un film isolant sur les mains des usagers: il s’agirait de vérifier que cette technique préserve l’intégrité et la salubrité des matériaux, d’une part, la qualité des perceptions tactiles, d’autre part.
Plus généralement, comme l’a pointé un des intervenants, pourquoi les lieux culturels devraient-ils se soumettre à des normes plus restrictives que les espaces commerciaux dans lesquels tout un chacun continue de manipuler les objets en se lavant les mains avant et après?